Histoire d'encaisser le décalage horaire (- 5 h), je passe les deux premières journées chez l'habitant, à Beaumanoir, commune de Gosier, dans les mornes à l'intérieur de la Grande-Terre.

Nicole et sa famille m'accueillent avec une chaleureuse simplicité.

Ncole

Nicole à la fenêtre de sa cuisine.

chez Nicole

On mange sous la tonnelle couverte de fruits de la passion (maracujas) qu'il suffit de presser quand on a soif : difficile de faire plus frais !

C'est dimanche, les nombreux cyclistes amateurs dévalent la pente devant la maison à folle allure. J'accepte volontiers la proposition plus sage d'une grande balade à pied en fin d'après-midi, quand la température descend un peu. Cyclistes

Maison Nicole

En contrebas de la maison, c'est la jungle.

Fleur Vue de ma fenêtre. Vache-zébu Vieux manguier Fabrication charbon de bois Pour fabriquer du charbon de bois, encore très utilisé ici pour la cuisine à l'extérieur, il faut faire un gros tas de branches calibrées et régulièrement entassées dans un endroit abrité, le recouvrir de feuillages, allumer le feu, en veillant à ce que le bois se consume sans flammes. L'opération dure environ huit jours, pendant lesquels il faut sans cesse surveiller la bonne combustion. Quand le tas est tout noir, on met en sacs, vendus un bon prix aux consommateurs. Ce tas-là représente un revenu de plusieurs milliers d'€. Pas intérêt à rater l'opération...

Enfin sur l'eau

J'embarque sur le voilier de vieux copains qui résident et travaillent là depuis 20 ans, au mouillage en bordure du chenal, non loin de la marina Bas-du-Fort ; ça roule un peu au passage des cargos qui entrent et sortent, excellent pour s'amariner ! Soufrière

Au matin, l'alizé est en panne. Exceptionnellement, la Soufrière dévoile ses sommets. Les cargos au mouillage à l'extérieur paraissent posés sur un miroir. Moteur et GV haute, on met à peine une petite heure pour atteindre le joli mouillage derrière l'îlet Gosier, à l'abri d'une assez longue barrière de corail. C'est "le" spot le plus fréquenté par les centaines de bateaux de la marina principale de Pointe-à-Pitre, mais un mardi, nous ne sommes qu'une dizaine, dont seulement deux habités !

îlet Gosier

Premier bain délicieux... j'avais oublié la tiédeur de l'eau ! On en profite pour nettoyer un peu la coque, le dernier carénage remonte à loin !

Pour compléter les courses faites rapidement hier au supermarché de la marina, on débarque à la recherche des doudous qui vendent habituellement leurs légumes non loin de la plage. Mais personne aujourd'hui, il faut grimper au village pour trouver une petite boutique assez bien achalandée en légumes et fruits locaux... sans prix affichés, c'est à la tête du client ! Inutile de chercher à comprendre, la vendeuse calcule de tête et vous annonce un total à régler, c'est tout ! Je ne suis pas dépaysée, c'est comme avant.

plage Gosier Gosier : clocher surprenant

Au retour, farniente et ti'punch, c'est vraiment les vacances ! Nuit tranquille, même pas l'averse habituelle du petit matin qui fait se précipiter pour baisser les capots. Quand le jour se lève, le bateau est tourné vers l'ouest, toujours pas de vent donc.

On emprunte le passage à terre de l'îlet Gosier, au ras de la falaise, dans 4 mètres d'eau, ce qui fait gagner un petit mille en direction de l'Est. Encore une étape au moteur et on prend un corps-mort dans le lagon de Saint-François, en compagnie d'une vingtaine de voiliers, devant le bâtiment caractéristique d'un hôtel Méridien, abandonné et bientôt en ruines ! Passe Champagne

Accès au lagon de Saint-François par la passe Champagne, on laisse les rouges à tribord (balisage inversé !)

Après une nuit aussi calme que les précédentes, le vent se lève ESE, force 2 : pas idéal pour le vrai but de mon voyage, mais on y va quand même. Balise réserve Petite-Terre

La Désirade à l'arrière-plan de la balise jaune de la réserve de Petite-Terre

Trois heures plus tard, on reconnaît la bouée jaune de balisage de la réserve qui permet de repérer l'entrée de la passe entre les deux îlots de Petite-Terre, endroit mythique de l'archipel guadeloupéen, objet de désir pour ceux qui n'ont pas pu l'atteindre et d'histoires à peine exagérées d'arrivées en surf sur une vague de 2 m (la profondeur dans la passe ne dépasse guère 3 m).

Pour moi, "Petite-Terre" est aussi le nom d'un bateau en construction à côté du mien, dans les années 80 : Yvon et Ghis ayant perdu leur précédent bateau en bois sur cette barrière de corail à l'issue de leur première traversée de l'atlantique, ils avaient décidé d'en construire un autre en polyester, plus grand, et de l'appeler ainsi, pour conjurer le sort ?

dauphin dauphins

Le comité d'accueil est fidèle au rendez-vous : une dizaine de grands dauphins surgissent soudain et nous montrent joyeusement le chemin : quel bonheur !

Conditions idéales pour entrer tranquillement dans le lagon bien abrité. Nous prenons un corps-mort parmi la vingtaine disponibles en compagnie d'un catamaran de propriétaire et de la vedette en alu du gardien de la réserve, seul habitant permanent.

passe entrée Ptite-Terre

C'est vraiment un lieu où l'on se sent privilégié sur son propre bateau. En effet, entre 11 h et 15 h, les grands catamarans de daycharter et quelques vedettes de promenade bourrées à craquer, car le ticket y est moins onéreux, déversent leur cargaison de touristes et occupent l'îlet le plus grand, le plus petit étant interdit, réservé aux oiseaux.

Pendant ce temps, on vaque à ses occupations à bord : rangements, repas, sieste, lecture. Dès que la horde a déserté les lieux, on débarque pour en profiter pleinement. Petite grimpette au phare, un des plus anciens des Antilles (1840) d'où la vue est superbe vers le Nord, on aperçoit la Désirade, à une dizaine de milles à peine. Vedette gardien Vedette du gardien, seul habitant de l'île

Phare au crépuscule

Le phare au crépuscule

Petit îlet

Il est interdit de débarquer sur le petit îlet, réservé aux oiseaux. Lever de soleil sur le lagon de Petite-Terre

Le soleil se lève sur le lagon de Petite-Terre, instant magique...

Quand le soleil est assez haut, on met palmes, masques et tubas dans l'annexe et cap sur la barrière de corail au vent. Peu de courant aujourd'hui, qui nous ramènera au niveau du bateau. Dès qu'on est à l'eau, c'est un vrai jardin dans 3 mètres d'eau peuplé de petits poissons colorés, perroquets, anges bleus, raies aux ailes mauves, daurades brillantes. Une petite tortue s'enfuit tandis qu'un barracuda de taille moyenne s'approche, curieux, en jouant de sa machoire. Impressionnant, mais il se contente de nous tourner autour à distance. Il est interdit de chasser et pêcher dans la réserve.

Je troque la panoplie de "snorkelling" pour celle de touriste à la plage et je m'en vais lézarder au soleil. J'aime bien observer mes compatriotes, c'est l'heure de la baignade et du barbecue sous les cocotiers.

plage Petite-Terre Plage de carte postale

Ce petit huîtrier d'Amérique ne semble pas troublé par les visiteurs huîtrier

Je m'ennuie vite sur la plage et décide de remonter au phare. En chemin je croise un des 10.000 iguanes de l'île, au dire des panneaux explicatifs de la réserve. Pourpier et laurier Iguane de Petite-Terre

La flore est la même que sur toutes les îles tropicales basses : pourpier, romarin blanc et noir, raisiniers. Seules les agaves me paraissent singulières. agave

Vue depuis le phare le phare (1840)

carte la barrière de corail au vent

A suivre

... A SUIVRE ... A SUIVRE ... A SUIVRE ...

Carte Périple