Trois longues heures de moteur et GV pour traverser la rade de Marseille. Vaste nappe de pollution qui s'étire dans le ciel depuis Lavéra jusqu'au dessus de la grande ville. Le nouvel immeuble immense tout en verre bleuté dépare réellement le paysage vu du large. La Bonne Mère n'a plus le monopole d'amer remarquable ! Plein de petits pêcheurs sous le Planier, des chalutiers, un cargo, un bâtiment militaire, des zodiacs qui plannent à toute allure, c'est toujours très animé dans ce coin.

Après l'île Maire devant le cap Croisette, on passe entre les îles et les calanques : plus de houle, on coupe le moteur, poussés par un petit vent d'W. Il fait toujours aussi beau, 18° dans la cabine avec le soleil qui tape sur les grands hublots. La Cassidaigne, le bec de l'Aigle et les grands portiques de La Ciotat défilent lentement sur babord, le ciel se voile, le vent faiblit. Le cap'tain espère que ça rentre de SE comme le prévoit la météo, mais non ! Moteur à nouveau pendant deux heures, pour arriver à Sanary avant la nuit, un des rares ports inconnus de nous deux par ici.

La bonne Mère de [Marseille

La Bonne Mère n'est plus le meilleur amer...

immeuble bleu Marseille

Le Cap Croisette

Le cap Croisette

Cassidaigne

La Cassidaigne et le bec de l'Aigle

Le petit monde de Sanary-sur-Mer

Le quai d'accueil... n'est pas très engageant en plein dans l'entrée, petit ponton flottant de 10 m de long, exposé au SE. Comprenant notre réticence à passer là quelques jours, le préposé de la capitainerie nous place au ponton des vieux gréements, entre un Classe III et une sorte de brick au gréement aurique, en plein centre ville. Cela sent bon la belle plaisance en bois, c'est vrai que Sanary est bien connu pour son chantier des Baux. Question commodités, ça laisse à désirer : pas d'eau sur le ponton, sanitaires à côté de la capitainerie : une seule douche et un WC sans porte intérieure... pour des centaines de bateaux ! Le tarif par contre n'a rien de modeste : 14 Euro/nuit. Y a de la négociation dans l'air...

Sanary2

Sanary3

Comme prévu, grosse pluie et orages au petit matin. Une accalmie nous permet d'aller faire le marché tout près, un vrai marché de Provence comme sur les dépliants touristiques, tout fait envie ! On se paye le luxe d'une douzaine d'oursins bien remplis, chacun : un délice, ces languettes iodées et sucrées à la fois, arrosées d'un Gros-Plant sur lie... huum ! Oursinade

Un petit tour dans le village : tout est nickel, beau, propre, rien qui dépasse dans les ruelles piétonnes aux pavés artistiquement disposés, les salons d'esthétique succèdent aux boutiques et autres bijouteries. Façades aux couleurs assorties, belles poteries aux plantes et arbustes bien taillés... Pas une fausse note, pas de poubelles à la vue, encore moins de murs tagués. Même les étals des petits pêcheurs sur le port ont tous le même look. On se sent comme dans une parenthèse hors du temps ou dans un décor de cinéma ?

Une affiche nous attire : les Messageries Maritimes font le Tour du Monde : c'est le dernier jour de cette expo d'affiches et de maquettes de paquebots du début du siècle dernier. Magnifique ! On y passe un grand moment. Retour à bord sous la pluie. Orages et vent fort toute la soirée.

Messageries maritimes